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 is there something you can do or say for me ? {R.}

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MessageSujet: is there something you can do or say for me ? {R.}   Mer 2 Déc - 19:52

    Il était déjà relativement difficile d'être un jeune vampire n'ayant pas encore fait véritablement ses preuves de prédateur nocturne dans sa communauté sans qu'en plus on soit jeté hors de chez soi. C'était sûrement plus difficile car c'en était humiliant d'être obligé d'aller cueillir de la laitue - comprenez ici qu'elle devait simplement aller voir ailleurs si on y était - alors qu'on avait planifié une soirée des plus tranquilles à jouer à Alexandra Ledermann sur Nintendo DS en dégustant un délicieux livreur de pizza. Ce soir, Sybil n'allait rien faire de tout ceci et cela la mettait fichtrement en rogne. Rien n'était plus insupportable pour la demoiselle que de voir ses plans bafoués, tout ça à cause des caprices puérils de son créateur qui apprécie trop la présence d'humaines puantes à ses côtés. Les lubies de Tristan était d'autant plus pénibles qu'elle était aussi imprévisible que lui. Depuis quelques semaines déjà, la jolie rousse s'était mis en tête de jouer la carte du dédain pour tenter de captiver à nouveau l'attention de son créateur qui s'envolait un peu plus chaque jour. Peut être que c'était ça le revers de la transformation : une fois qu'on avait perdu le charme humain, on perdait tout simplement son charme. Le seul intérêt qu'un vampire porte en un humain c'est sa mortalité. Le fait de posséder une chose précieuse et délicate comme la vie rendait les vampires encore plus fou que Gollum devant son Anneau. Sybil en avait fait le malheureux constat beaucoup trop tard, alors qu'elle tentait tristement d'attirer l'attention sur son amour infinie à son créateur.

    En bref, même si cela lui passait dessus comme de l'eau sur la roche, Sybil tentait de montrer de l'animosité et de l'insolence envers Tristan pour le faire réagir. Ce soir était la première période de son cycle vampirique qu'elle aimait comparer à ses anciennes périodes menstruels : en somme, la jeune fille devenait des plus lunatiques au début de cette période, cherchant du sang à flot mais aussi et surtout la chaleur humaine. Sur la fin de ce cycle, elle préférait au contraire rester enfermer et câliner son lapin devant un feu de cheminé crépitant, tandis qu'elle se passe pour la énième fois la scène de Bodyguard où Kevin Costner sort Withney Houston de la boîte de nuit sous la pluie en la portant dans ses bras.

    Jetant des coups de pieds énervés dans le moindre débris qui barrait sa route, Sybil continuait son chemin, les poings serrés contre ses cuisses, ses pas comparables à des sautillements de walibi éméché. Elle portait une petite robe noire à froufrou et des bottes en caoutchouc rose vif, presque pourpre : le temps couvert de ces dernières semaines avant rendues la terre molle et susceptible de tâcher des escarpins acheter hors de prix. Sybil regagnait ainsi le centre ville de Saint-Bel et non sans idée derrière la tête. En effet, même si Sybil pouvait être désorganisée face à un imprévue, elle savait toujours retomber sur ses pâtes car il existait toujours un plan de secours à Saint-Bel et ce plan de secours c'était bien entendu, non pas l'alcool, mais un homme. En vérité, c'était toujours la même limonade : à chaque fois qu'on l'envoyait pêtre ou qu'elle était en colère, elle allait inéluctablement voir la même personne. Non seulement sa compagnie était des plus réconfortantes - quoiqu'elle n'osera jamais l'avouer à l'intéresser ni à soi-même - mais elle permettait aussi de mettre en rogne Tristan à qui l'odeur animale qu'elle véhiculait une fois rentrée à la maison n'échappait pas.

    Arrivée devant la bicoque qui ne ressemblait en rien à la sienne, elle lâcha un soupire à la fois satisfait et nostalgique. Elle éteignit son ipod nano rose (assortie aux bottes évidemment) et le rangea dans la poche de son petit gilet blanc, puis elle se dirigea vers la porte d'entrée en jetant un regard autour d'elle. Habitude ou inquiétude, elle n'aurait pu dire si elle craignait des représailles envers elle ou envers lui si on venait à les surprendre. Sybil prit une profonde inspiration, et s'appliqua à remettre convenablement sa robe (comprenez la descendre légèrement pour laisser apparaître un décolleté qui suppliait qu'on le laisse rentrer) ainsi que ses cheveux mollement lâchés sur ses épaules. Elle frappa à la porte, priant pour qu'il soit bien là et non pas dans son bar d'humains octogénaires anti-vampire. Sa voix le motiverait peut être à sortir de sa torpeur nocturne.
    «...Simon ? .... Simon ? .... C'est Sybil ouvre ! »
    Elle n'aurait pas voulu s'éterniser dans ce quartier remplie de chasseur de vampire sadique et de petites vieilles nerveuses qui vous coursent tel des chiens de troupeau armés de couteau de cuisine et de chapelet si elles aperçoivent vos canines.


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Sally Driscoll
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MessageSujet: Re: is there something you can do or say for me ? {R.}   Jeu 3 Déc - 2:35

La tête hirsute posée sur ses pattes avant, les oreilles pointées vers l’avant, à l’affût du moindre bruit, le chien ne quittait pas des yeux la maison qui trônait de l’autre côté de la rue. Son museau remuait à un rythme lent, mesuré mais aussi régulier que le balancier d’une horloge. Le moindre des passants aurait pris ce chien pour dément tant son comportement était inexplicable ; cela faisait plusieurs heures qu’il se tenait là, sur le trottoir, légèrement en décalage pour ne pas gêner la circulation des piétons, comme s’il savait précisément où se placer pour ne pas être dans le passage. Comme s’il avait reçu bien des coups et avait compris la leçon. Ou comme s’il connaissait l’espèce humaine suffisamment bien pour être au courant de ses us et coutumes. Dans le cas de cet animal-là, les deux hypothèses étaient valables. La vie ne l’avait pas épargné, ses leçons, il les avait apprises par l’intermédiaire de bras tendus, non pour l’aider, mais pour lui coller de féroces gifles. La violence était son lot quotidien et ce depuis de très nombreuses années. Tellement qu’il ne se souvenait plus de l’époque où il avait été biberonné dans un foyer aimant, qui ne le jugeait alors pas. Toutefois, ce mode d’apprentissage ne s’était pas avéré si efficace que cela, pour preuve sa situation actuelle, faisant le pied de grue en face d’une porte qui ne s’ouvrirait pas pour lui. Car – et cela mène à la seconde hypothèse de départ – non, ce clébard n’était pas un chien ordinaire. D’un point de vue génétique, il n’était pas un chien du tout, même. Et c’était là où le bât blessait. S’il avait été un membre officiel de l’espèce canine, il ne se retrouverait pas dans cette rue, au beau milieu de la nuit, à surveiller la maison de celle qu’il avait juré de protéger, qu’elle le veuille ou non.

Evidemment, ce soir là, elle ne voulait clairement pas, en témoignait la porte fermée et les lumières éteintes à l’intérieur. Elle n’était pas chez elle, ce qui ne pouvait signifier que deux choses : elle se trouvait avec « lui » ou était en chemin pour le rejoindre. Une brise bien trop froide pour la région vint titiller les oreilles du chien qui s’ébroua, se mettant sur ses pattes dans ce même mouvement. A quoi bon ? Elle ne rentrerait pas avant plusieurs heures, il était arrivé trop tard – foutu boulot – pour l’empêcher de se jeter dans la gueule de ce loup aux dents bien trop aiguisés. A cette perspective, les babines de l’animal se retroussèrent, dévoilant une paire de canines qui n’avait rien à envier à celles des vampires, à cette différence près qu’elles n’avaient jamais goûté au sang humain. Après un ultime regard en direction de la demeure qu’il avait inutilement surveillée des heures durant, il secoua la tête pour se défaire de ses pensées peu engageantes puis se mit en marche, à une allure semblable à un trottinement qui se transforma rapidement en véritable galop. En moins de temps qu’il ne lui en fallut pour penser « je déteste les vampires », il se retrouva dans son arrière-cour, sur ses deux jambes et nu comme un ver. Dans une succession de mouvements habituels, il s’empara de la clé dissimulée sous un pot de fleurs – mortes depuis plusieurs mois – et l’inséra dans la serrure, jetant un regard circulaire pour s’assurer qu’aucun regard suspicieux ne remarquât sa tenue peu adaptée à une heure pareille.

Simon attrapa un vieux jean qui traînait toujours à l’entrée de derrière, en cas de besoin, puis poussa la porte pour apprécier la chaleur perpétuelle de l’endroit. Il ignorait si les maisons des changeurs possédaient ce dénominateur commun, mais il était reconnaissant, en cette nuit de fin d’automne, d’avoir une température intérieure constamment chaleureuse. Non qu’il en eût besoin expressément, il la ressentait davantage comme un réconfort que comme une réelle nécessité. Il enfila son pantalon, en boucla machinalement la ceinture avant de se diriger dans la cuisine. Là, il fouina longuement dans son réfrigérateur et, ne trouvant apparemment rien à son goût, se rabattit sur un paquet de céréales qui avait le malheur de traîner à portée de main. Il avala bouchées par bouchées de minuscules pétales de maïs – ses transformations lui ouvraient toujours l’appétit et si, en temps normal, il se serait jeté goulument sur un beau steak saignant, il devrait se contenter de cela pour la soirée – avant d’arriver à la fin du paquet. Memo personnel : passer à l’épicerie et faire le plein de biens comestibles. Tandis qu’il cherchait, plus ou moins vainement, après quelque chose d’autre à se mettre sous la dent, en dehors de son sandwich déjà préparé pour le lendemain, un bruit en provenance de la rue capta son attention. Avant que les premiers coups ne résonnent contre la porte, il se trouvait déjà de l’autre côté, tendant l’oreille afin de reconnaître le rythme de la respiration de l’intrus. Il ne fut nullement étonné de n’en déceler aucun. Passant une main sur son visage, il lâcha un profond soupir las, laissant une longue minute s’écouler avant de finalement poser la main sur la cliche et d’ouvrir à celle qui serait, encore une fois, son invitée de la nuit.


« Sybil, » la salua-t-il avec le plus beau de ses non-sourires. Avant qu’elle ne puisse répondre quoi que ce soit, il coinça son bras contre le chambranle de la porte, empêchant tout accès à l’intérieur. « Tu sais que si tu évitais de dire ton nom, je t’ouvrirais plus vite ? » Il arqua un sourcil appréciateur à la vue de la charmante robe qu’elle avait revêtue pour l’occasion. Robe qu’il ne connaissait pas et qui lui rappela que lui non plus n’était pas spécialement très vêtu. D’un pas en arrière, il libéra le passage, alluma pour la première fois de la soirée la lumière du salon et s’empara d’une chemise qui, par bonheur, se trouvait là. Lorsqu’il eut terminé de la reboutonner à moitié, il se retourna sur Sybil, immobile dans l’embrasure de la porte. « Depuis quand tu as besoin de mon invitation pour entrer ? Je pensais que ça n’était valable que la première fois. » Première fois qu’une partie de lui maudissait.

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MessageSujet: Re: is there something you can do or say for me ? {R.}   Jeu 3 Déc - 22:17

    Alors que toute personne normalement constitué serait relativement gênée d'oser aller chez quelqu'un sans prévenir à une heure aussi tardive du soir. Oui mais voilà, Sybil avait appris en devenant une vampire que primo les gens étaient nés pour se plier à sa volonté et que secondo la nuit pour elle était comme une journée donc les horaires n'avaient plus vraiment d'importance à ses yeux. Alors qu'elle s'impatientait sur le pas de la porte, elle s'imaginait déjà comment elle allait justifier sa présence. Soit, l'excuse valable mais peu sympathique "on m'a jeté dehors comme une malpropre et tu es mon bouche trou" OU "tu me manquais je voulais te voir". Dans les deux cas, connaissant Simon, l'une est l'autre lui hérisserait volontiers le poil. Alors que la porte s'ouvrait enfin, elle quitta son instant de concentration, car réfléchir lui donnait une mine affreuse ; elle sourit donc d'un franc sourire, basculant sa tête sur le côté pour remuer sa cascade de boucles rousse. Elle tenta de réprimer un sursaut quand elle se rendit compte qu'il n'avait pas mis de chemise : loin d'être une prude depuis sa condition vampirique, elle avait pourtant du mal à cacher son appétit débordant pour une chair aussi onctueuse qu'un Snikers légèrement fondu au soleil qu'était celle de Simon. Elle hocha mollement de la tête, l'air béa et concentré sur ce qui lui servait de torse mais qui, à ses yeux, était plutôt comparable à deux énormes steak saignant.

    Elle resta un instant silencieuse, puis cligna des yeux pour retrouver ses esprits. Faisant un pas en avant assez large pour être sûr de ne pas se prendre un mur de brique invisible (devenir vampire consistait aussi à ne plus pouvoir entrer comme on veut dans des maisons même de gens sexy et appétissant), elle retint sa respiration un court instant :

    « Euh oui c'est le cas mais on sait jamais ... » murmura-t-elle en jetant un regard haineux à l'embrasure de la porte.
    Elle le suivit à l'intérieur, penchant légèrement sa tête pour tenter d'apercevoir son visage. Mais elle n'aurait pas su interpréter ce qu'il y voyait. Elle s'arrêta alors, et attendant dans l'entrée en basculant doucement son corps de droit à gauche, elle se décida enfin à ôter son gilet et à le déposer sur le premier meuble qu'elle rencontra. Entortillant ses doigts, elle prit une profonde inspiration :

    « Tu sais ... Si ça te gêne que je sois là ... tu peux le dire, je partirais ... »

    Depuis le temps qu'ils se "côtoyaient", Simon avait pris l'habitude de faire attention à ne pas trop souvent croiser le regard de Sybil quand elle le suppliait quelque chose : au début, elle avait cru naïvement que c'était pour la simple et bonne raison qu'il était dévasté par sa beauté éclatante, mais elle s'était vite rendu compte que son charme vampirique faisait à présent toute la différence. Peut être moins que sur d'autres humains certes, mais tout de même assez pour l'obliger à aller lui chercher un stylo, un livre, un chapeau, une corde à sauter, un peigne, du fil dentaire et des piles électriques. Mais au fil du temps, non seulement il réussissait à dire "non" - quoique c'était toujours difficile pour lui, comme si dire "non" à une jeune demoiselle allait à l'encontre de sa religion - mais Sybil s'en lassait aussi, car jouer avec lui n'avait plus vraiment de sens à présent. Car si elle le retrouvait, c'était aussi pour oublier quelques heures durant sa simple condition de vampire pour retrouver sa condition de femme.

    Enfin bref, Sybil n'était pas en proie à la culpabilité de déranger, mais plus à l'inquiétude qu'il la renvoie de chez lui. Il était devenu étrangement distant, presque froid et lunatique : en résumé, il portait toutes les caractéristiques nécessaires d'un homme qui a des histoires de filles qui lui tourmentent l'esprit. Elle avait côtoyer assez l'université pour savoir comment réagissait les garçons. La maturité masculine était un mythe : ils ne changent pas, c'est un leurre, ils réussissent mieux à dissimuler, c'est tout.

    « Je sais que je peux être chiante, donc dis le moi je comprends mieux que les silences hein ». Sa voix était douce et calme et en rien sarcastique. C'était inutile de lui prendre la tête. Pas ce soir apparemment.
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MessageSujet: Re: is there something you can do or say for me ? {R.}   Jeu 10 Déc - 17:55

Simon suivit Sybil du regard alors que cette dernière franchissait – un peu trop théâtralement – le seuil de la demeure ; il sentit les poils de ses bras se hérissaient légèrement, comme à chaque fois qu’un vampire pénétrait à l’intérieur de son domicile. Pas que ce fut une habitude, non, le shapeshifter connaissait ses limites et celles-ci incluaient de ne pas être en relation avec beaucoup de représentants de cette espèce, toutefois il ne pouvait nier qu’il détestait les avoir chez lui. Ce qui, en soi, était la continuité du sentiment général qu’il éprouvait à leur égard. Néanmoins, il s’agissait de Sybil. Il la connaissait bien, elle le connaissait bien, elle était déjà venue à plusieurs reprises, ils avaient partagé des moments plus qu’intimes, tout était apparemment disposé pour qu’il soit en confiance en sa compagnie. Ca n’était pas le cas. Il n’avait pas peur d’elle – la rouquine n’était pas exactement le stéréotype du vampire assoiffé de violence malgré son grain de folie qui la rendait imprévisible –, il ne la craignait pas dans le sens où il savait qu’elle ne lui ferait pas de mal. Néanmoins, il y avait toujours ce recul, cette barrière infranchissable qui l’empêchait d’apprécier à sa juste valeur la compagnie de la demoiselle. Il pouvait apparaître comme un pauvre abruti aux yeux de Sybil, un inconstant qui ne la supportait que pour leurs parties de jambes en l’air, rien au monde n’était en mesure de le faire changer d’avis à propos de cette race aux dents longues. Ce devait être inscrit dans ses gènes, il était viscéralement impossible pour lui d’aimer – même si le sens était fort pour représenter ce qu’il ressentait envers sa compagne à la chevelure flamboyante – un vampire.

Pourtant, il faisait des efforts, vraiment, pour être un « camarade » plus agréable – ou, dans tous les cas moins désagréable – mais rien ne semblait y faire. Il restait toujours trop en retrait, fuyait son regard comme si elle pouvait lui apporter la peste en un clignement d’yeux, se montrait distant à chaque fois qu’elle l’approchait, se dérobait sous ses premières caresses tel une vierge prude ; pour résumer, il n’était pas lui-même en sa présence et même son ego de changeur trouvait cela exagéré. La réflexion de Sybil le tira de sa torpeur alors qu’il scrutait avec attention le bout de ses doigts au combien passionnant. Il se décida à relever la tête, pour s’apercevoir que c’était elle, désormais, qui fuyait son regard. Il esquissa un pas dans sa direction puis se ravisa, croisant maladroitement les bras contre son torse. Il avait envie de lui lâcher ce qu’il avait sur le cœur, tous les problèmes qu’il traversait, aussi bien sur le point de vue de son travail que sur l’échec désastreux de sa vie sentimentale, mais sa fierté l’empêcha d’ouvrir la bouche. Il ne pouvait décemment pas lui avouer qu’il aurait espéré que ce soit quelqu’un d’autre qui ait toqué à sa porte ce soir, cela ne se faisait pas. La dernière réplique de la jeune femme acheva de couper court à ses réflexions égoïstes.
« Non. » Il avança vers elle, comme envoûté par le ton chaleureux, humain, qu’elle venait d’employer. Sans vraiment se contrôler, il posa une main sur son épaule tandis que l’autre passait sous le menton frêle de la jolie rousse, la forçant délicatement à le regarder. « Ca ne me dérange pas que tu sois là. Au contraire, ça m’évite de ruminer seul dans mon coin. » Il plongea son regard azur dans le sien et fit glisser sa main le long du bras de Sybil, caressant du bout des doigts sa peau glacée. Le choc entre leurs deux températures était tel qu’il n’aurait nullement été surprenant de voir une volute de fumée s’échappait de sa main qui continuait sa lente descente.

« Je ne suis pas l’être humain le plus expressif, tu devrais le savoir, mais je suis content que tu sois là, » répéta-t-il pour conférer plus d’impact à sa justification. Il remit une mèche de cheveux roux correctement en place derrière l’oreille de sa compagne avec un petit sourire. Pour une fois, il aurait souhaité mettre ses inhibitions de côté, ne plus penser à leur différence de statut, oublier que son cœur hybride battait pour une autre, afin de simplement profiter de la personne qu’était Sybil, de ce qu’elle était en mesure de lui offrir, sans tous les à-côtés qui lui rendaient la vie impossible. Il se pencha sur la vampire, les doigts de sa main droite toujours entremêlés dans ses cheveux de feu, il inspira les volutes de son délicat parfum, sa joue rugueuse effleurant celle, douce, de sa partenaire. Oh oui, il ne demandait que cela, sentir son corps contre le sien, s’enivrait de ses fragrances, jouir de sa présence comme s’ils n’étaient plus que tous les deux sur cette foutue Terre. Oubliant les règles de bienséances qui auraient voulu qu’il lui propose à boire – à quoi bon ? Il n’y avait et n’aurait de toute façon jamais de sang animal sous son toit – il l’attira tout contre lui et déposa un baiser dans son cou, évitant soigneusement la marque de morsure qui avait fait d’elle ce qu’elle était.

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MessageSujet: Re: is there something you can do or say for me ? {R.}   Ven 15 Jan - 0:59

[putain, ça c'est du retard et un post merdique en barre ou je m'y connais pas. Laughing]

    Dans l'esprit de Sybil, dès lors qu'elle avait été transformée en être nocturne, la vie était beaucoup plus simple. Et en particulier sa vie sentimentale. Bien qu'elle en eut été privée durant sa jeune vie de mortelle à cause d'une timidité et d'un manque de confiance en soit handicapante. Elle s'était bien rattrapée depuis, usant avec un peu trop de zèle ce don de séduction vampirique qui lui permit de très vite se servir des garçons à des fins uniquement sexuelles et non plus sentimentales. En vérité, Sybil n'avait jamais eu d'histoires d'amour. Ses amitiés étant déjà très superficielle voire inexistante, elle ne concevait pas d'avoir une histoire d'amour passionnée. Elle maudissait souvent l'époque ancienne où les parents vous trouvaient un époux et vous mariaient de force : comme ceci, elle ne se serait pas donnée la peine de chercher et encore moins de se faire apprécier par le dit fiancé. En résumé, devenir vampire pour Sybil s'apparentait plus au fait de devenir une cheerleader dans un lycée car soudain, on devient populaire, séduisant, remarquée, et désirée. Elle en jouait, s'en amusait, et jouissait de cette nouvelle position pour contenter à présent uniquement son bonheur.

    Pourtant, Simon avait une attitude qui la faisait constamment réfléchir, et qui la poussait presque à culpabiliser. L'incertitude, le doute, le retour à un dégoût potentiel de soit était devenue une drogue pour Sybil, qui se sentait à travers Simon redevenir l'humaine insignifiante qu'elle était. Et c'était aussi insupportable qu'excitant. C'était pour ça qu'elle continuait de s'accrocher à lui, alors que toutes ses autres conquêtes tombaient dans l'oublie. La jeune femme esquissa un sourire, et baissa son regard, alors qu'il lui caressait doucement la peau : ce contact était unique et d'une douceur incroyable. C'était paradoxale, car même si sa température corporelle pouvait être comparable à celle d'une banquise (hors période de réchauffement climatique) et celle de Simon à celle d'un ours en hibernation, elle avait appris à aimer la tiédeur que ces contacts procurait. Un noeud se forma dans l'estomac de la vampire qui se sentit transporter à l'odeur du sang qui s'accélérait dans les veines de Simon. C'était comme consommer du LSD pendant une journée de canicule après avoir bu cinq verres de tequila sec. A la vois dangereux mais palpitant.
    « Oui, j'avais cru le remarquer ... » souffla-t-elle en basculant sa tête en arrière, fermant les yeux pour s'enivrer du baiser qu'il déposait dans son cou.

    Elle aspira une longue bouffée d'air avec sa bouche, bien qu'elle n'en avait guère besoin, puis ouvrit ses yeux de nouveaux. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres rosées, puis elle avança doucement sa main pour la poser sur l'épaule de Simon. Son corps accompagna ce mouvement, se blottissant ainsi contre son corps brûlant.
    « Heureusement que tu es là quand j'en ai besoin ». Elle accompagna son remerciement d'un léger baiser qu'elle déposa sur sa joue, mais qui débordait subtilement sur le coin des lèvres du jeune homme. Elle avait toujours rêvé faire ça, depuis qu'elle avait vu Natalie Wood le faire à John Wayne dans La Prisonnière du Désert. Si ça marchait avec John Wayne, cela ne pouvait que marcher sur Simon Lemoyne. Elle se recula ensuite, pas par pas, mais faisant toujours face, esquissant un sourire toujours pour large et taquin. Coinçant un pan de sa robe entre sa robe pour la faire remonter subtilement contre sa cuisse, elle s'affaissa ensuite dans le canapé. Mais malgré toutes les indications, et les signes qu'elle envoyait qui se voulaient plutôt claires sur ce qu'elle voulait, elle décida pour une fois de penser à quelqu'un d'autre qu'elle : « Soit on discute de ce qui te fait ruminer ou alors on fait ce qu'on fait d'habitude pour oublier nos problèmes. » Elle haussa mollement les épaules, figurant une moue compréhensive puis ajouta. « Tu décides, ce que tu choisiras, m'iras. » Peut être que c'était sa façon à elle de le remercier d'avoir été là par sa présence au cours des dernières semaines, parce que même si elle réglait ses conflits sociaux en se défoulant sexuellement, elle était prête à admettre que tous les êtres de cette terre n'avaient pas besoin des mêmes choses pour aller mieux. Même si, tout de même, le sexe règle bien des choses.
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