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 What are you trying ? Don't even tempt me [R.]

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Kale Buxton

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MessageSujet: What are you trying ? Don't even tempt me [R.]   Ven 4 Déc - 17:23

Une nuit similaire aux précédentes s’annonçait à Saint-Bel. La plupart des habitants avaient rejoint leurs domiciles respectifs, seuls quelques retardataires s’attardaient au comptoir de l’unique bar de la ville et accessoirement encore ouvert à une heure aussi avancée de la soirée. Avec l’arrivée en masse d’occupants nocturnes dans leur bourgade, les propriétaires de lieux publics avaient revu à deux fois l’heure de fermeture de leurs établissements. Même si le bureau du shérif restait ouvert à n’importe quelle heure de la journée ou de la nuit, la méfiance semblait être devenue le maître mot des alentours. Tout le monde s’observait d’un œil plus ou moins suspicieux, les moindres mouvements des uns faisaient parler les autres, on était parfois proche de la paranoïa mais quoi de plus normal, me direz-vous, lorsque vous avez pour voisins des buveurs de sang qui n’hésiteraient pas un seul instant à s’en prendre à vos tendres chérubins gentiment endormis dans leurs lits ? La ville n’était plus un lieu sûr, pour personne, excepté peut-être pour les Vampires qui maintenant côtoyaient les rues du monde entier au même titre qu’un pauvre petit être humain dont le cœur fonctionnait encore et qui désormais n’était plus le prédateur qu’il prétendait être autrefois. Le graal était passé entre les mains blafardes de créatures plus puissantes, plus expérimentées, supérieures à la race humaine à bien des niveaux ; pouvaient-ils cependant revendiquer une quelconque forme d’intelligence plus élevée ? Il s’agissait bien là d’une question dérangeante opposant deux communautés l’une à l’autre. Autant dire qu’une trêve entre les opposants n’était pas près de faire la une de tous les médias du monde.

Pendant que certains se déchiraient pour faire valoir leurs droits, d’autres se reposaient sur ce qu’ils avaient déjà. Ni guerre, ni violence – sauf en cas de force majeure –, ni génocide. Tristan était le genre de Vampire qui se détachait la plupart du temps des responsabilités qui semblaient lui incomber à lui et à ses semblables, il ne perdait pas son temps à terroriser inutilement la population dans le seul but de réajuster son ego surdimensionné – il existait bien des manières, plus nobles, pour le faire – et il ne menait pas non plus un combat stupide contre la nourriture bipède ; il était tellement plus plaisant de se la faire servir sur un plateau d’argent. Il avait ‘passé l’âge’ de chasser dans les bois en courant après des proies qui parfois s’avéraient décevantes au résultat. Se salir les mains ne l’intéressait plus. En revanche, accueillir bras ouverts les jugulaires exquises qui s’offraient à lui était plus de sa trempe. D’un point de vue strictement humain, on pouvait le qualifier de petit prétentieux fortuné aux manières de riche. Cette appellation lui collait parfaitement à la peau car elle le représentait dans l’ensemble plutôt bien. Seule ombre au tableau, sa bestialité. Si le grand blond possédait des valeurs non négligeables et faisait preuve de politesse et de calme chaque fois qu’un son émanait de sa bouche, la violence dont ses bras et sa mâchoire étaient capables ne jouait aucunement dans la même catégorie. Lorsqu’une chose ou bien quelqu’un le mettait hors de lui, le protocole de bonne conduite était aussitôt mis au placard pour laisser place à une animosité presque démoniaque. Dans pareille situation, seule une prière destinée à obtenir le salut éternel serait apte à vous sortir d’affaire car la seule partie de vous – encore intacte – qu’il resterait serait probablement votre âme ; unique fragment humain qu’un Vampire ne pourrait être en mesure de vous dérober.

Quarante-huit heures et des poussières s’étaient écoulées entre sa dernière visite chez Everlee et la soirée actuelle. Autrement dit, son dernier repas en date remontait maintenant à plus de quarante-huit heures. Comment une telle chose était-elle possible ? Il fallait poser la question à cette très chère Conroy qui avait subitement décidé de fuir son domicile – pour celui de son amie Nellie – toute la nuit durant, laissant le Vampire dans l’incapacité de se nourrir. Car lorsque Tristan arrêtait son choix sur une jugulaire bien précise, c’était celle-ci qu’il voulait et non une autre ; tous les B- du pays n’auraient rien pu y changer. Néanmoins la jeune femme ne s’était pas laissée aller à une témérité stupide deux jours consécutifs et avait fait preuve d’intelligence, pour une rare fois, en restant chez elle.

Assis sur le canapé du salon – sa place attitrée ? –, ses mains pâles enserraient fermement la taille de la Dotée qui se trouvait présentement à califourchon sur ses genoux. C’est dans un rythme synchronisé et fougueux que leurs lèvres se rencontraient et se séparaient depuis de longues minutes à présent ; ni l’un ni l’autre ne semblaient crouler sous une quelconque forme de fatigue. Bien au contraire. Plus leur baiser perdurait, moins Tristan se sentait en mesure de se retirer. Leurs langues étaient jusqu’à présent comme liées l’une à l’autre. Lentement il retira une main de sa hanche pour immiscer quelques doigts à la naissance de ses cheveux pour ainsi dégager les quelques mèches qui obstruaient la vue de sa nuque. Il laissa ses doigts froids effleurer avec finesse sa tendre peau avant d’interrompre leur échange et ainsi enfouir son visage dans son cou qui de toute évidence lui faisait de l’œil depuis bien trop longtemps. De doux baisers vinrent lui picorer la gorge tandis que les mains de la créature se faisaient plus curieuses, plus… oppressantes. Rapidement et sans véritablement le contrôler – comme si cela l’importait ! – de longues canines lui poussèrent ; Evy put d’ailleurs sentir leur contact contre sa chair, c’est d’ailleurs pour cette raison qu’elle le repoussa presqu’immédiatement.


« Non… » Murmura-t-elle tout en remontant la manche de son haut qu’il avait volontairement abaissé.
« Quoi encore ? » Gronda-t-il, passant et repassant sa langue sur ses deux dents aiguisées.
« Pas ce soir, je me sens fatiguée. S’il te plaît. »
« Parce que tu crois que je ne le suis pas ? » Son ton respectait son calme habituel. En un quart de seconde il la fit basculer dos sur le sofa. « Tu n’étais pas là hier soir. » Sa main vint caresser sa joue. « Tu m’as fait attendre. » Poursuivit-il. « Pour rien. » Son index parcourut l’ensemble de son visage jusqu’à venir finir sa course sur ses lèvres. « Tu sais que je suis clément, Evy. » A ces mots la concernée hocha positivement de la tête, paniquée. « Mais ma patience a des limites. Et là j’ai soif. Très soif… » Malgré ses maigres tentatives pour le retenir, Tristan réussit tout de même à planter ses crocs dans sa jugulaire. Cette maudite humaine était une nouvelle fois parvenue à le faire sortir de ses gonds ! Pourtant il détestait par-dessus tout se montrer violent quand il fallait passer à table, par principe mais aussi par respect pour la nourriture. C’était comme abattre un cheval stressé et se repaître de sa viande tendue par la suite. Tout bonnement désagréable. Il ne lui fallut seulement quelques secondes pour regagner son lieu de travail après avoir absorbé suffisamment de liquide rouge pour la soirée. Le bar était fidèle à lui-même, la plupart des clients étaient des habitués ; une nuit banale, en somme, comme il était annoncé.

« Bon d’accord. Une dernière alors ! » Une petite bonne femme aux cheveux bruns se tenait au comptoir, en pleine discussion avec le barman qui semblait au bord de la crise de nerf. « Vous sentez-vous frustré à l’idée de ne pouvoir me vider de mon sang alors que je me trouve juste en face de vous à cet instant précis ? » L’effet fût immédiat. La main de l’employé vint brusquement se poser sur le bord lisse du meuble comme dans l’intention d’agripper sauvagement la mortelle par un pan de ses vêtements. L’action fût interrompue par une ombre rapide qui se saisit de la silhouette féminine et l’entraîna aussitôt dans un coin retiré de l’établissement, réservé aux employés. « Qu’est-ce que tu fiches ici ? » S’enquit-il d’une voix ferme. La main posée au centre de son ventre dans le but de l’immobiliser, il planta son regard menaçant dans le sien et attendit une réponse de sa part. Ses canines étaient encore sorties, le sang d’Evy s’écoulait d’ailleurs aux coins de ses lèvres – vestige d’un copieux repas – mais ces détails lui étaient sortis de l’esprit tant la surprise était grande. Que venait donc faire cette naine dans son bar ? Croyait-elle ses bras suffisamment robustes pour venir à bout de l’animosité d’un vampire ?

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Nellie Sundberg
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MessageSujet: Re: What are you trying ? Don't even tempt me [R.]   Sam 5 Déc - 0:26

« Chambres à coucher : à moins que vous ne cherchiez à exciter les sens de vos visiteurs et/ou de votre compagnon, évitez le rouge, peu propice au sommeil – et pour cause, cette couleur symbolise le dynamisme et la passion. » Nellie cessa aussitôt de torturer son stylo bic, le retira de sa bouche, qui formait désormais un croissant de lune dont le reflet, mi machiavélique mi euphorique, ne laissait rien présager de bon et referma son magazine, non sans le bénir : ce dernier venait de lui amener sur un plateau LE détail qui jusque là manquait à son scénario. Il lui fallait un truc rouge. C'était simple, idiot, probablement sans réelle importance – quoique, allez savoir – mais dans sa tête, c'était l'élément déterminant, la goutte de sang qui ferait déborder le vase. Depuis deux semaines en effet, Nellie préparait son passage au Bloodicted mais rien à faire, il lui manquait quelque chose ; quelque chose qui l'empêchait de se lancer, quelque chose de malsain, de provoquant, quelque chose qui s'ajouterait à son répondant habituel et sèmerait la zizanie chez les sangsues. Et ce quelque chose, elle venait de mettre la main dessus : sa veste rouge. Elle évita volontairement le miroir, sachant pertinemment qu'elle aurait l'air d'un feu d'artifice plus que d'autre chose – veste rouge, pantalon vert et petit chemiser blanc, difficile de faire pire – à vrai dire, Nellie n'avait jamais vraiment su marier les couleurs. Qu'importe. Comme toujours cette lacune – qu'Evy appelait très justement « barbarie vestimentaire » – passerait pour une extravagance.

Elle traversa la bourgade perchée sur ses bottines, plus confiante que jamais, non pas qu'elle soit à l'aise à 8 centimètres du sol – loin de là – mais plutôt qu'elle se sente bien, emmitouflée dans un enthousiasme démesuré. D'ici quelques minutes, elle réaliserait l'un de ses plus vieux rêves : entrer dans la peau d'un reporter. Petite déjà, Sundberg sillonnait le camp de bout à bout, recueillait les avis de tout à chacun, leur posait un million de questions toutes plus saugrenues les unes que les autres . Les années étaient passées mais pas sa passion. Malheureusement pour elle, son éducation lui avait laissé un lourd handicape : elle n'avait jamais eu accès au moindre journal ni même à la télévision, elle était donc passée à côté de toutes sortes d'évènements qu'un journaliste digne de ce nom ne pouvait décemment ignorer (la chute du mur de Berlin, les guerres, le 11 septembre 2001, pour ne citer qu'eux) et même de Johnny Depp, bref, dès lors qu'elle avait mis un pied hors de sa communauté, cette carrière lui avait tout bonnement semblé inenvisageable. Pour autant, elle n'avait pas perdu l'essence de sa personnalité à savoir sa curiosité. C'aurait été comme renoncer à elle-même. Elle était comme ça. Toujours à l'affût, toujours aux aguets, toujours prête à réagir. Elle avait tout d'un ressort ambulant : la résistance, le cœur rouillé, et naturellement cette incapacité totale à s'écraser lamentablement. Sa spécialité ? Rebondir.

En arrivant devant l'enseigne, elle posa sa main gauche sur son sac, juste pour vérifier que son bloc-note faisait bien parti du voyage, et pénétra sur les terres de Svensson sans une once d'hésitation. La porte se referma derrière elle mais elle n'y prêta pas la moindre attention. Elle n'était déjà plus là. Le corps immobile, la bouche grande ouverte, le regard transi, nul doute, Nellie était com-blée. C'était comme voir le Père Noël. Magique. Elle avança légèrement, non pas par timidité, mais plutôt parce que tout autour d'elle suscitait son intérêt, scrutant les lieux comme le fameux gamin dans Charlie et la Chocolaterie. Un verre de sang passa juste sous ses yeux et elle réalisa subitement qu'elle n'était pas au cinéma. Ni à Disneyland. Elle sortit donc son bloc-note et se dirigea vers le bar avec sérieux, chose complètement inappropriée compte tenu de l'ambiance débridée des lieux, mijotant inéluctablement quelque chose.
« Nellie Sundberg » fit-elle en tendant la main dans la direction du serveur – elle avait vu ça dans un film et trouvait ça plutôt cool, enfin, professionnel. Le vampire observa sa main mais ne donna aucune suite. Nellie ajouta donc un petit tiret sur son carnet et y griffonna (en le lisant volontairement à voix haute) : « les vampires sont impolis ».

Elle reporta son attention sur lui non sans esquisser un petit sourire satisfait : il semblait déjà bien à cran. Ça lui faciliterait la tâche. « C'est parce que je suis brune c'est ça. Vous préférez les blondes. Il y a une explication à ça ou… Non, d'accord. Euuuh ». Elle détailla sa feuille du regard, feignant d'y avoir inscrit quelques questions. « Ah oui. Cette manie que vous avez de toujours rester silencieux, c'est lié à un problème d'haleine ? Non parce qu'il existe plusieurs chewing-gum adaptés ». Elle déposa aussitôt différents parfums sur le comptoir mais il les envoya valser. « Bon d’accord. Une dernière alors ! Vous sentez-vous frustré à l’idée de ne pouvoir me vider de mon sang alors que je me trouve juste en face de vous à cet instant précis ? » Le menton négligemment posé sur sa main, elle afficha un sourire franc sentant déjà le parfum de la victoire. Et pouf. La seconde d'après elle se retrouva dans l'arrière-boutique ou du moins dans quelque chose qui y ressemblait fortement. Elle pria pour que ce soit Uriel, car après tout elle faisait ça pour lui, mais dut se rendre à l'évidence en apercevant quelques mèches blondes : Dieu la haïssait.

Tristan semblait étrangement tendu ce qui, de toute évidence, ulcérait la jeune femme qui, elle, se trouvait dans une toute autre galaxie.
« Relaaax » souffla-t-elle en éclatant de rire. « Je posais juste quelques questions ». Elle passa en revue son visage de haut en bas jusqu'à ce qu'elle tombe sur ses canines, qu'elle n'avait pour ainsi dire jamais vu, ou du moins jamais d'aussi près – un peu comme la Joconde, il y a toujours trop de touristes devant – et les observa avec un plus vif intérêt. Qui sait ce que cela lui inspirerait : un nouveau tiret sur son carnet ? Une page entière ? Et alors qu'elle semblait parfaitement à l'aise, un spasme parcourut furtivement son regard déraisonnable. La vue de cette gueule en sang lui rappelait étrangement celle d'Uriel lorsqu'il l'avait sauvé pour la première fois. Elle ouvrit légèrement la bouche, complètement fascinée, et effleura les lèvres de Tristan avec son index histoire d'y recueillir un peu de sang. Elle se mit à sourire devant son air interdit et porta son doigt jusqu'à sa bouche. Pourquoi n'aurait-elle pas le droit d'y goûter ? La saveur amère la fit toutefois grimacer et elle conclut immédiatement, avec un certain dégoût. « Bon sang, je préfère le chocolat. » Nellie essaya alors de se déplacer mais Tristan semblait résolu à la maintenir contre le mur. Loin de s'en offusquer, elle sortit son dictaphone de sa poche, appuya sur le bouton 'enregistrer' et le pointa sous son nez. « C'est un peu raplapla tout ça dis-moi ! » fit-elle en palpant ses bras avec son autre main, de manière saccadée. « Tu as déjà songé à faire de la muscu ? »

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MessageSujet: Re: What are you trying ? Don't even tempt me [R.]   Dim 31 Jan - 21:27

Les humains de Saint-Bel n’étaient plus vraiment ce qu’ils étaient autrefois. Sans doute une quelconque forme de lassitude venait altérer son jugement concernant la nourriture bipède – c’était un fait – mais le changement était bel et bien réel, il avait suffisamment fréquenté les environs durant le dernier siècle pour savoir que le comportement de ces mortels n’était plus totalement le même ; comme si ce dernier se transformait et évoluait au gré des mœurs du moment. A l’instar d’une mode que l’on suivrait de près. Petit à petit les temps variaient, laissant derrière eux des habitudes, des coutumes et traditions que jadis les Vampires chérissaient plus que tout. Maintenant que leur existence n’était plus un secret pour personne – à moins de vivre seul et loin très loin de toute civilisation – il fallait davantage redoubler d’efforts pour s’adonner à une activité des plus banales ; se nourrir. Imaginez deux petites secondes un monde sans supermarchés pour vous délivrer vos mets dans une mignonne petite boîte confectionnée rien que pour vous ? Un monde sans cultivassions ni rien de comestible à récolter ? Cet aspect apocalyptique d’une société imaginaire se rapprochait progressivement et dangereusement de la réalité ; du moins était-ce là l’avis personnel de Tristan sur la question. Etre le prédateur chassant sa proie avait quelque chose de plaisant et de divertissant, en plus d’assouvir une soif de sadisme que beaucoup se gardaient bien de révéler aux yeux du grand public. A l’image d’un animal que l’on enfermerait sans ménagement dans une cage sans issue, le buveur de sang se sentait comme pris au piège. Assis dans un coin de sa prison, il était contraint de sagement attendre l’heure du repas – seul événement de la journée – qu’on lui jetterait sans plus de cérémonie à la figure. Interdiction formelle de se mélanger aux autres. Envisager de se dégourdir les pattes à l’air libre relevait de l’idée folle. Il devait se contenter de gentiment faire le beau devant ces dizaines de touristes agglutinés devant sa baie vitrée et ainsi s’emmurer dans une spirale infernale. De cette manière les journées se répétaient inlassablement. Bien sûr cette représentation était imagée, les Vampires possédaient parfaitement le droit de sortir de chez eux et cette vision du monde actuel n’incombait que lui. Seulement voilà, à ses yeux ils n’étaient rien d’autre que des pions malléables, des bêtes de foire poussées sur le devant de la scène pour mieux recevoir les projectiles de quelques raclures humaines, avoir les mêmes droits que ces foutus humains ne représentait pas le moins du monde une bénédiction. Son espèce courait à sa perte. L’obliger à se repaître de ce liquide « bon marché » était contre nature. La chaîne alimentaire en était ébranlée, le cycle continuel de la nature était modifié car en rien tout ceci n'était naturel.

C’était à peu de choses près ce qu’il avait gentiment voulu expliquer à Everlee – avec une attitude et des mots qui lui étaient propres certes – mais la demoiselle avait volontairement refusé de l’écouter en le repoussant avec un manque cruel de tact alors que dans son cas, il avait clairement pris sur sa personne pour lui faire comprendre la position délicate dans laquelle il se trouvait en employant un ton dénué de toute agressivité. Et on osait qualifier les siens d’êtres démoniaques et égoïstes ? De toute évidence ces insignifiants individus s’étaient trop longuement attardés à contempler leur propre reflet dans un miroir, ils n’avaient que le mot « je » à la bouche.

Le ton désinvolte avec lequel la jeune Sundberg s’adressa à lui le laissa perplexe un court instant. Avait-elle pris des vitamines ? De la drogue ? Etait-elle sous l’influence de l’alcool ou avait-elle simplement omis de prendre ses anxiolytiques ? Dans tous les cas il la jugeait bien trop excitée et téméraire pour ainsi s’aventurer dans l’antre de la bête et se risquer à un jeu dangereux avec l’intéressé. Sous le poids de l’étonnement et l’espace de quelques secondes sa main glissa lentement sur le ventre de la jeune femme qui venait tout juste de joyeusement déguster le sang de sa meilleure amie avant de finalement serrer fermement un bout de sa veste dont la couleur ne faisait qu’accroître son agitation intérieure. Voilà qu’elle recommençait avec ses idioties ! Sans même prendre la peine de répondre à ses singeries verbales le Suédois se saisit brutalement de l’appareil qu’elle tenait au préavis dans sa main et le réduisit à l’état de cendres à la seule force de ses doigts qui s’étaient ensemble refermés dessus. Sans grande douceur il balança les restes du dictaphone à leurs pieds sans pour autant défaire l’emprise qu’il avait sur la brunette. Son regard bleuté, quant à lui, n’avait pas une seule seconde décroché du sien même durant la destruction de son matériel d’apprenti reporter qu’elle avait du se fournir chez une grande enseigne de jouets pour enfants ; le boîtier indiquant d’ailleurs le message suivant : panoplie du parfait petit journaliste.
« Je ne me répèterai pas une troisième fois. Pourquoi es-tu ici ? » Son visage demeurait encore et toujours sans expression particulière, hormis le fait que ses canines s’étaient à présent rétractées ; ce qui ne réduisait en rien son air menaçant. Inspirant une grande bouffée d’air alors que cela ne lui servait strictement à rien, il laissa sa main glaciale parcourir les habits de l’intruse et remonter le long de son ventre jusqu’à sa gorge tiède, laquelle il enserra doucement entre ses longs doigts avant de rompre tout contact physique avec elle.

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MessageSujet: Re: What are you trying ? Don't even tempt me [R.]   Sam 27 Mar - 11:00

L'espace d'un instant, il y eut comme un flottement dans l'air ; les yeux de Nellie braillèrent un « mayday mayday » inaudible, présageant sans nul doute l'irrévocable. Les yeux rivés sur son cher et tendre appareil d'apprentie reporter, celui qui l'avait suivi depuis des années dans diverses pérégrinations -qui ne méritent en aucun cas d'être mentionnées cependant tant elles furent futiles, risibles et tout ce que vous voulez, c'est de Nellie dont on parle, hein, ne l'oublions pas-, Sundberg retint son souffle, flairant d'avance le triste sort qui attendait son objet fétiche et, accessoirement, son plus grand confident. Tristan ne prêta évidemment aucune attention à cette tragédie intérieure qui, d'ailleurs, de son point de vue, devait plutôt ressembler à une comédie, voire à la farce du siècle, mais qui lui rappellerait sûrement la règle numéro 1 en matière d'humanité à savoir : ne jamais chercher à comprendre ces gens-là. D'un geste bref, méticuleux, il broya son plus tendre que cher - tout compte fait - dictaphone sans le moindre état d'âme, avec – toutefois – sûrement moins de plaisir que s'il avait eu à briser la nuque d'une de ses groupies. Nellie laissa échapper un mini-geignement, pâle reflet de sa lamentation intérieure, et suivit des yeux la chute de son plus vieil ami ou du moins, de ce qu'il en restait. Bien qu'on ne peut plus chagrinée, elle trouva aussitôt le moyen de faire de cette douloureuse perte une fierté. Ce sacrifice n'avait pas été vain, grâce à lui, elle avait eu accès au scoop du siècle (qu'elle transformerait en tiret une fois son carnet retrouvé) : ne jamais parler de muscu à un vampire, jamais, jamais, jamais!

Sa question, quant à elle, la laissa perplexe. Non pas qu'elle lui semble incongrue ou arriérée – loin de là – mais plutôt qu'elle la mise dans une situation délicate. En aucun cas elle ne pouvait lui dire la vérité, d'un parce qu'elle en avait elle-même honte (du moins, dans ses rares moments de lucidité), de deux parce qu'il ne devait jamais prendre conscience de cette faiblesse nommée Uriel. Une part d'elle ne pouvait pas s'empêcher d'être terrorisée à l'idée qu'Uriel rencontre Tristan un jour, et vice versa, comme si elle était persuadée que ce dernier tirerait forcément son protecteur du côté obscur (pour des raisons évidentes -de sécurité et de bien-être-, nous avons préféré occulter la transposition de Dark Vador en Dark Tristan, ça sonnait bien trop mal). Elle ne le quitta pas des yeux, tandis qu'il s'amusait à remonter l'Everest de son buste, ses mains froides coïncidant étrangement avec le regard glacial que lui jetait Nellie, visiblement très en colère. Peut-être avait-il l'habitude que l'on glousse sous ses caresses mais elle n'était pas – n'avait jamais été et ne serait jamais – le genre de femme qui se laisse traiter comme un vulgaire objet. Ainsi, lorsqu'il écarta sa main, elle en profita pour se dégager et s'éloigner du mur qui la retenait jusque là prisonnière, pour sortir de cet espace clos où l'emprise du vampire s'avérait bien trop puissante. Elle était peut-être insouciante mais elle n'était pas idiote. Et elle savait pertinemment qu'elle ne serait jamais en position de force face à lui.

Tristan avait, qui plus est, réussi la tâche difficile qu'est celle de mettre mal à l'aise notre brunette nationale ; il lui faudrait d'ailleurs faire preuve de beaucoup de ruse pour le lui cacher. Les quelques rares contacts qu'elle avait eu avec Uriel lui avait effectivement appris l'essentiel, notamment qu'un vampire est doté d'un sens aigu de l'observation, sinon d'une sorte d'intuition ultra développée qui lui permet de percevoir n'importe laquelle de vos émotions, parfois même, en même temps que votre propre cerveau. Or s'il y avait bien une chose, ou plutôt une émotion, qu'elle ne souhaitait pas – EN AUCUN CAS – qu'il capte chez elle, c'était bien sa pudeur extrême, quasi enfantine. Que ce sentiment se retrouve dans le cerveau de ce monstre blond serait tout bonnement le comble du malsain. Elle le savait rusé, et particulièrement intelligent, ne serait-ce que parce qu'il parvenait à tenir Everlee comme personne ne l'avait jamais fait auparavant, qu'il avait ce je-ne-sais-quoi avec elle, ou plutôt sur elle, et qu'il l'éloignait toujours un peu plus de sa meilleure amie. C'était un filou, mais Nellie n'était pas femme à se laisser abattre, se mettre à sa hauteur ne lui poserait donc aucun problème. Et quoi de mieux qu'un détournement verbal pour commencer ? C'était un fait : elle avait toujours eu l'art et la manière de rebondir au moment opportun.


« Simple visite de courtoisie » lança t-elle en réponse à sa question initiale. « Tu pompes le sang de ma meilleure amie, je suppose que ça fait de nous deux... » Elle marqua une légère pause, feignant de chercher ses mots, puis conclut avec un sourire en demie teinte, déjà amusée par ce qui allait sortir de sa bouche. « ... proches. Un peu comme un moustique et le dessous de mes bottines. » Son sourire se fit plus mesquin, il comprendrait aisément l'image qu'elle avait voulu symboliser. Car si en soi elle n'avait rien contre lui, à part peut-être cette fâcheuse accoutumance aux marcels - rien à voir avec la classe internationale des chemises de Simon, soit dit en passant – il lui suffisait d'imaginer Everlee en proie à ses canines, qu'elle soit consentante ou non d'ailleurs, pour réveiller en elle la plus terrible des envies de meurtre.

[et un Alléluia retentit solennellement Arrow]
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