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 You look at me it's like you hit me with lightning [R.]

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Neil Gardner

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MessageSujet: You look at me it's like you hit me with lightning [R.]   Dim 18 Nov - 16:57

Tous les soirs il redoutait le moment d’aller se coucher, ignorant de quoi il pourrait bien rêver. Parfois il lui arrivait de faire des cauchemars presque tous les soirs puis plus rien pendant une période qu’il jugeait beaucoup trop courte. De temps en temps il avait le droit à un vrai sommeil et n’était pas dérangé par le moindre rêve qu’il soit bon ou mauvais – il en était arrivé à un point ou même un rêve agréable n’était pas le bienvenu – et ce matin là, il fut ravi de constater qu’il venait d’avoir une nuit qu’il considérait comme parfaite. Il avait dormi toute la nuit, ne s’était pas réveillé une seule fois et, ce n’était pas à considérer comme un véritable exploit pour les gens ‘normaux’ mais pour lui il s’agissait là d’un véritable exploit, ce fut suffisant pour annoncer que cette journée serait bonne. Qu’importe ce qu’il pourrait lui arriver par la suite, il aurait déjà ça de gagné. Aujourd’hui était également le jour de son rendez-vous avec sa psychiatre. Psy qu’il consulte depuis l’âge de seize ans. Il avait mis du temps à parler de ses rêves et avait toujours évité de les qualifier de visions, il lui faisait confiance mais il y avait des limites. Car après tout qui sait ce qu'elle pourrait faire en découvrant que son patient était peut être complètement fou. Il ne désirait pas se retrouver interner. Elle avait tenté de lui prescrire plusieurs médicaments au cours des dernières années, des traitements qui devaient en toute logique l’aider à retrouver le sommeil mais rien n’avait fonctionné et pourtant il avait vraiment tout essayé mais à croire que les cauchemars étaient plus puissants que tout. Alors il se contentait de lui parler, ce qui lui faisait du bien la plupart du temps. Bien sûr, on pourrait se demander pourquoi consulter une psychiatre alors qu'il avait sa meilleure amie, Alys, dotée d'un don étrange elle aussi. Cette dernière savait absolument tout au sujet de Neil alors pourquoi ? Il aurait pu arrêter il y à longtemps mais parfois il n'avait pas forcément envie d'ennuyer son amie avec tout ses petits problèmes et qu'une aide professionnelle était toujours bonne à prendre.. «Comment vas-tu ? » fit la psychiatre prête à noter tout ce qu’il était sur le point de lui raconter. Neil esquissa un sourire, haussa les épaules «Je vais bien. » lâcha-t-il, soulagé et ne pouvant s’empêcher de sourire. «Je… » Il se devait d’expliquer la raison d’un tel bonheur – même s’il savait que ce sentiment n’était qu’éphémère – alors que le médecin était en train de rédiger la réponse qu’il venait de lui donner. «J’ai juste eu une bonne nuit de sommeil » Il réalisa là qu’il n’y avait franchement pas de quoi s’extasier, c’était même ridicule de se réjouir d’avoir simplement dormi. Mais qu’importe. «C’est bien. Pas de cauchemars ? » Il fit signe de la tête ; Elle lui lança un sourire à son tour, elle semblait aussi heureuse pour lui,même s'il était en train de se dire qu’elle devait préférer le voir malheureux, il y avait alors matière à travailler et c’était sans doute plus intéressant de voir un patient au bord de la folie plutôt qu’un idiot toujours heureux. Mais si c’était le cas elle ne laissait rien paraître. «La dernière fois tu songeais à parler de tes rêves à tes parents…Toujours d’actualité ? » Et voilà de quoi lui faire perdre son sourire. «Non, je crois que…Ce n’est pas le bon moment. » et ça ne le serait jamais.

Ses parents, d’ailleurs il devait déjeuner avec eux aujourd’hui. Il n’en avait pas envie, il avait de moins en moins envie de les voir ces derniers temps. Alors parler de ses cauchemars était tout simplement inenvisageable pour le moment, peut être qu’un jour il réussirait à leur parler mais ce n’était pas aujourd’hui. Ils savaient que, lorsqu’il était plus jeune, il faisait des rêves et qu’il était persuadé qu’ils devenaient réalité mais depuis plusieurs années monsieur et madame Gardner étaient persuadés que cette histoire était réglée, que voir une psychiatre lui avait fait le plus grand bien, et qu’il n’était sans doute qu’un gamin avec un peu trop d’imagination. Donc, non, il se refusait de leur parler de ça. Il leur apportait une bonne nouvelle cela dit, il allait leur annoncer qu’il avait rompu avec Katie – et non pas qu’elle l’avait larguée, il avait sa fierté – et rien que pour cela ses parents seraient heureux, ils n’avaient jamais pu supporter cette fille.
S’il pouvait il se passerait bien de ce déjeuner.
Neil avait besoin d’un café d’urgence – ou d’alcool mais c’était trop tôt - , penser à ses parents l’avait déprimé très légèrement. Il se demandait si un jour il arriverait à se séparer d’eux, il était temps, à son âge.



Il pénétra dans le Starbucks et se mit dans la file d’attente beaucoup trop longue à son goût. Certes, il n’avait rien à faire dans la matinée mais attendre n’était pas la chose qu’il préférait. Et alors qu’il songeait à ajouter un peu de fantaisie à son journée et à ne pas prendre son café simple, il se retourna et la vit. C’était elle, cette mystérieuse fille qu’il avait rencontrée l’autre jour. Rencontrer était un bien grand mot puisqu’elle s’était arrêtée devant lui sans dire un mot puis était repartie quelques secondes plus tard. Rien de bien marquant mais il avait quand même pensé à elle. Elle ne l’avait pas vu, il se retourna aussitôt, cherchant un moyen de l’aborder. Il ne voulait pas paraître lourd, et il n’allait surtout pas jouer la carte du ‘on s’est déjà vus ?’ car si elle n’avait aucun souvenir de lui, il aurait simplement l’air con. Non il devait se montrer subtil, même si ce n’était pas son fort. Il se tourna vers elle, une idée en tête «Hum, vous voulez passer ? J’ai…Je ne sais pas encore quoi choisir alors autant laisser passer quelqu’un…»

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Hypatia Kallistrate

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MessageSujet: Re: You look at me it's like you hit me with lightning [R.]   Mer 21 Nov - 0:51

La routine était un concept qu’Hypatia avait bien du mal à accepter. Se lever le matin, aller travailler, prendre sa pause déjeuner, retourner au cabinet, et ainsi de suite jusqu’au lendemain. Elle avait passé plus de temps que la normale sur cette terre, pourtant c’était la première fois qu’elle exerçait une profession qui requérait une telle rigueur d’emploi du temps. Si cela lui avait paru rafraichissant au début – elle appréciait comme tout le monde un peu de changement – elle commençait à en être lasse. Ses patients se suivaient et se ressemblaient, tous avec des problèmes identiques, à qui elle prodiguait successivement les mêmes conseils – de mauvais, il fallait bien que sa position particulière lui fût utile. Elle avait accès aux peines les plus profondes de l’humanité, il aurait été péché que de ne pas s’en servir. L’ennui s’était immiscé dans son quotidien, injectant son poison malfaisant dans ses heures de travail, mais également dans celles passées à l’extérieur. La saveur d’une tâche accomplie n’avait plus la même saveur, elle traversait une phase que la populace catégorisait de « sans ». Et cela ne lui plaisait guère. Peut-être était-il temps pour elle de changer de place, de rejoindre le canapé sur lequel s’épanchait les âmes brisées. « Je ne comprends pas... La dernière fois que l’on s'est vus, il avait juré de faire des efforts, vous vous souvenez ? » Hypatia regarda sa montre pour la énième fois de la matinée, geste peu discret qui provoqua un froncement de sourcils de la part de sa patiente. Cette dernière était toutefois trop déprimée pour relever ce manque flagrant d’intérêt. « Bien sûr, j’en avais pris note. Il avait promis de passer plus de temps en votre compagnie et moins au pub. Nous pouvons nous mettre d’accord sur le fait qu’il aurait mieux fait de tenir sa parole, n’est-ce pas ? » La femme, d’une quarantaine d’années, eut un hoquet de tristesse et ses épaules se soulevèrent en de profonds sanglots. En grande professionnelle, la thérapeute se pencha en avant pour lui présenter la boîte à mouchoirs prévue à cet effet. « Ne comprenez-vous pas ce que le sort essaie de vous dire ? Vous souhaitiez voir votre mari changer, vous vouliez le formater pour qu’il entre dans vos critères. » Hypatia s’interrompit face au reniflement intempestif de la patiente qui ouvrit de larges yeux choqués. « Vous sous-entendez que tout est de ma faute ? » La psychologue secoua la tête de gauche à droite, un air concerné sur les traits. « Bien sûr que non. Vous ne cherchiez qu’à faire son bonheur. Vous avez fait tout ce qui était en votre pouvoir. » Elle ferma lentement les yeux, avec gravité. Cette séance s’éternisait, elle avait de plus de mal à garder sa concentration intacte. « Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire maintenant ? »

Cette interrogation était celle que la Créature cherchait lors de chacune de ses entretiens, elle s’avouait victorieuse dès l’instant où ces quelques mots sortaient d’entre les lèvres de ses patients. Cela signifiait qu’ils étaient mûrs à point, prêts à être cueillis et à rejoindre les rangs constamment en essor des suicidaires. Il ne leur suffisait que d’une pichenette pour plonger dans les méandres de la dépression et de n’attendre plus qu’une chose : que tout cela cesse. La jeune – d’apparence seulement – femme resserra un foulard autour de sa gorge avant d’affronter la bise londonienne. Elle ne se rendit pas dans son établissement habituel pour prendre son café, elle choisit un trajet plus long, le long duquel elle passa plusieurs coups de fil pour annuler ses deux rendez-vous de l’après-midi ; elle ne se sentait pas d’attaque d’essuyer les pleurnicheries d’un nouveau couple. En outre, sa journée était déjà un succès dont elle se contenterait. Son égo avait beau être démesuré, elle ne faisait la compétition avec personne, par conséquent elle était maîtresse de son propre jeu, elle en instaurait les règles sans toutefois les respecter et les modelait à sa guise. Laissant de côté son air sérieux de thérapeute à la recherche du meilleur cru chez les suicidaires, Hypatia pénétra à l’intérieur du Starbucks et se rendit compte qu’elle avait marché beaucoup plus qu’escompté. Elle ne connaissait pas ce voisinage, elle avait sans doute parcouru ses trottoirs une fois ou deux, seulement elle était intriguée de s’y trouver ce jour-là. Quelque chose dans l’air la perturbait, et elle ignorait encore ce que c’était.

Elle se tenait dans la – trop – longue file d’attente, le nez baissé sur son sac, à trier sa monnaie lorsqu’une voix la tira de son occupation au combien banale. Elle fronça les sourcils, prête à remettre à sa place l’importun qui osait lui adresser la parole ; elle se figea et ce qu’il restait de son cœur remonta jusqu’à ses lèvres en le reconnaissant. Ou en pensant le reconnaître, elle n’était plus sûre de rien. Ce visage, bien sûr, lui était familier, cependant elle n’était pas certaine qu’il appartînt à celui qu’elle avait jadis côtoyé. Cela ne pouvait être.
« Oh, vous êtes sûr ? » Elle esquissa un sourire en coin, revêtant un masque d’innocence qui pouvait la faire passer pour la plus aimable des femmes. « C’est gentil, » reprit-elle en passant devant lui. Elle passa commande au comptoir – le café du moment, qui fleurait bon les fêtes de fin d’année – et alla la retirer sans un regard dirigé vers le bon samaritain. Ses paumes étaient moites et son organe, en théorie, vital battait la chamade, elle se croyait revenue quelques millénaires en arrière et elle se sentait démunie. Elle devait se tenir éloigné de cet homme et des souvenirs qu’il traînait dans son sillage. Toutefois, elle avait besoin de savoir s’il n’était qu’un mirage ou non. La salle était bondée à cause de l’heure de pointe, propice aux pauses détente de fin de matinée, et Hypatia dut user de plus que son pouvoir de persuasion pour se dégoter une table – elle fit renverser un café brûlant dans le décolleté d’une assistante qui n’eut d’autres choix que déguerpir au plus vite. « Vous voulez vous asseoir ? » demanda-t-elle tandis que la silhouette du presque inconnu passait à côté. « Je m’en voudrais de monopoliser une table à moi seule alors que les places se font rares. » Elle lui sourit à pleines dents. « En outre, c’est la moindre des choses pour vous remercier de m’avoir fait gagner deux minutes dans la file d’attente. »

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MessageSujet: Re: You look at me it's like you hit me with lightning [R.]   Mar 27 Nov - 0:27

Si seulement Neil avait pu prévoir cette rencontre avec cette jeune femme, il en aurait parlé à sa psychiatre. Le jeune homme avait en effet la mauvaise habitude de tomber trop facilement amoureux, il lui suffisait d’un rien, d’un simple regard ou d’une façon de parler, de marcher et voilà qu’il se voyait déjà vivre une histoire avec la personne en question. Il était probablement le genre de garçon à croire au coup de foudre et pourtant, se marier et avoir des enfants n’était pas du tout une chose dont il avait envie. Pour lui, le mariage était inutile et bien souvent destructeur de relations, il avait vu les ravages chez ses amis qui s’étaient mariés – sans doute trop tôt – et qui étaient aujourd’hui déjà divorcés et cela renforçait son idée que se marier ne faisait qu’apporter des ennuis. Alors, oui, ses parents auraient pu être l’exemple qui change tout, ces derniers étaient toujours mariés mais pour leur fils il était évident qu’il y à avait quelques petites tensions souvent bien trop présentes et si jamais ils venaient à lui annoncer qu’ils allaient mettre fin à leur mariage alors le jeune homme ne serait pas étonné et encore moins perturbé. Il avait vingt-sept ans et ne serait sans doute jamais prêt à s’engager de cette manière, c’était probablement l’une des raisons pour lesquelles la plupart de ses relations se terminaient toujours de manière brutale, parce qu’il ne s’imaginait pas aller plus loin de que d’emménager avec quelqu’un. Son histoire d’amour prenait fin et quant à lui, il devenait malheureux, alors qu’au fond tout était peut être de sa faute, et ce, depuis le début. Il devrait probablement se remettre en question et au lieu de constamment accuser ses ex petites amies de tout gâcher. Parce qu’évidemment ce n’était jamais de sa faute, non lui était une victime à cause de ses cauchemars et de la pression de ses parents. Il ne voulait pas l’admettre mais ces échecs, il en était responsable à cinquante pourcent. L’autre moitié était simplement parce que la fille n’était pas la bonne. Oui, il avait des coups de cœurs mais était complètement aveugle et ne réalisait pas que les filles qu’il choisissait étaient toujours les mêmes : un peu trop possessives et un tantinet superficielles –et blondes, mais cela ne faisait pas partie du problème, du moins il ne croyait pas.- Mais Neil ne voyait que les bons côtés. Et pourtant malgré tout, cela ne l’empêchait absolument pas de tomber amoureux, parfois même quelques jours seulement après sa dernière relation. Il ne comprenait pas comment il était possible d’aimer, mais de ne pas désirer s’engager, et surtout de ne pas voir les défauts ceux que vos amis voient mais invisibles à vos yeux. Et de retomber constamment dans le même piège. Neil avait sans doute beaucoup plus de problèmes que ce qu’il pensait…C’était donc un sujet qu’il aborderait au prochain rendez-vous avec sa psychiatre, la femme qui était restée le plus longtemps dans sa vie et c’était sans doute un peu triste de se dire ça.

D’autant plus qu’aujourd’hui, à cause de cette inconnue, il se sentait repartir dans ce cercle infernal. Il ne la connaissait pas, ne l’avait qu’aperçue et jamais vraiment regardée – dévisager les gens n’était pas une chose très polie – mais pourtant il savait qu’il aimait ses yeux. Lorsqu’il lui céda la place il avait évidemment espéré pouvoir engager une conversation qui serait certes banale mais qui lui permettrait de mieux la cerner et coup de bol la file d’attente était encore longue avant d’arriver jusqu’au comptoir pour passer commande. Alors oui, il avait de grands espoirs pour cette rencontre. Sauf que non. La demoiselle ne devait pas être sur la même longueur d’onde que lui, puisqu’elle le remercia gentiment, pris sa place et…C’est tout. C’était vraiment tout, elle ne se retourna même pas pour essayer d’entamer une conversation, ou de laisser une chance au jeune homme de lui parler pour faire connaissance. Il avait essayé et ce n’était sans doute pas la meilleure technique pour aborder quelqu’un apparemment. Il entendit quelqu’un rire dans son dos, il se retourna pour voir un homme, peut être plus jeune que lui, en train de rire et de pointer la jolie brune du doigt puis il s’avança vers Neil pour lui chuchoter
«Pas de bol, vieux » fit-il avant de remettre à rire. Non seulement il était déçu, mais en plus de cela quelqu’un l’avait vu se planter en beauté. Le jeune homme tenta néanmoins de se convaincre qu’il était en train de vivre une bonne journée et qu’il pourrait oublier tout ça plus tard. En attendant, elle était toujours devant lui et il l’observa. Ce n’était sans doute pas poli mais de toute façon, elle ne voyait rien alors pourquoi pas ?


Lorsque le tour de la brunette arriva enfin, il espéra une dernière fois un dernier regard mais toujours rien. Il secoua la tête, la regardant partir une dernière fois avant de passer sa commande à son tour.


Finalement il prit son café à emporter, oubliant son désir de changer pour une fois, et puis de toute manière toutes les places étaient prises. Il prit donc la direction de la porte, sans essayer de retrouver son inconnue lorsqu’une voix l’interpella. Il baissa les yeux pour la voir. Sa brune aux jolis yeux. Et elle l’invitait à s’asseoir.
«J’allais… » Il pointa la porte du doigt. Neil eu un grand sourire avant de balayer cette idée de partir d’un petit geste de la main. «Avec plaisir » fit-il en prenant place face à elle. Il posa les yeux sur elle un instant, en train de se demander si oui ou non il devait…Oh et puis, si, pourquoi ne pas lui demander ? «On s’est déjà vus, non ? Je me souviens de vous, en fait…Peut être que vous m’avez oublié, je ne sais pas, mais je suis…Curieux. Et intrigué. » Elle avait déjà fait une grande impression sur lui. «Je suis Neil » lança-t-il bêtement. Se présenter serait un bon début. Il tenta d’imaginer son nom, pariant sur Amélia ou un nom dans ce goût là.

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Hypatia Kallistrate

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MessageSujet: Re: You look at me it's like you hit me with lightning [R.]   Mer 5 Déc - 23:49

Malgré sa réputation et ses années de service, ou peut-être était-ce à cause de ces dernières, Hypatia savait se montrer gentille et prévenante. Les siècles écoulés lui avaient été bénéfiques à bien des égards et ses connaissances surnaturelles n’étaient pas parvenues à faire taire l’humanité dont elle se rapprochait chaque année un peu plus. Bien entendu, un point de vue mortel au courant de ses actions et motivations l’aurait cataloguée comme frêle psychopathe digne d’être conduite au bûcher, parce qu’elle continuait avant tout de servir sa déesse ; néanmoins, elle avait changé, cela était indéniable. Elle n’était plus la créature avide de sang, de chair fraîche, et de vengeance dont elle avait tenu le rôle durant près d’un millénaire. Elle devait cela à ses fréquentations humaines, à ses habitudes bouleversées, à ses voyages. Elle ignorait si sa métamorphose avait du bon, elle ne s’en rendait pas véritablement compte, mais cela ne lui était pas préjudiciable ce jour-là. Elle pouvait en effet discuter librement avec un être humain tout ce qu’il y avait de plus banal sans avoir à déployer trop d’efforts. Le qualifier de banal était une généralité, évidemment, elle ne le pensait pas car s’il l’avait été, jamais elle ne se serait retournée sur lui plusieurs jours auparavant. Jamais elle n’aurait perdu son temps à consommer son café sur place. Elle n’aurait encore moins invité un inconnu à sa table sous le simple prétexte de passer un peu plus de temps en sa compagnie. Ce nouveau millénaire l’avait changée, d’accord, mais toute transformation avait ses limites. Elle n’était pas faible au point de se laisser charmer par un être humain dont la vie était aussi friable que la volonté. Le jeune homme était différent, il ressortait de la foule parce qu’il ravivait des souvenirs brûlants. Même si elle l’avait souhaité de toute son âme, elle n’aurait pas été en mesure de l’ignorer. Une force supérieure, bien plus puissante que sa mémoire, l’attirait vers lui. Ils ne s’étaient pas rencontrés par hasard. Le destin l’avait positionné sur sa route pour une bonne raison, elle n’était pas suffisamment spéciale pour l’occulter comme si de rien n’était.

Le soulagement démesuré qu’elle ressentit lorsqu’il accepta sa proposition lui prouva qu’elle n’était pas elle-même. Elle le suivit du regard durant son installation, un sourire poli aux lèvres, détaillant le moindre de ses mouvements afin de discerner ce qu’il restait de l’homme qui avait été son bourreau des années durant. Mais cela datait d’une autre vie, elle devait réaliser qu’il n’était plus et que le jeune Anglais qui se tenait en face d’elle n’était qu’un imposteur à qui la génétique, dans sa grande paresse, avait prêté un visage déjà utilisé.
« Oh bon sang, j’étais en train d’espérer que vous auriez oublié ce fâcheux incident. » Elle grimaça en levant sa tasse devant son visage, dans une vaine tentative de se cacher. Elle échappa un pouffement mal à l’aise et haussa les épaules. « Je traversais l’une des pires journées de mon existence, je ne savais plus trop où j’en étais et je vous ai pris pour quelqu’un d’autre. Je vous demande pardon, je ne suis pas aussi bizarre en temps normal. » Elle se racla la gorge et ajouta précipitamment : « Je ne suis habituellement pas aussi cavalière non plus, je ne voudrais pas que vous vous mépreniez sur mes intentions ! Mon invitation était absolument égoïste, je voulais me sentir mieux de ne pas être seule sur une table alors que beaucoup sont debout. » Son trouble était si bien joué qu’elle-même ignorait s’il était feint ou bien réel. Il devait s’agir d’un mélange des deux. Son cœur s’agitait, ses organes se tordaient de douleur, elle devait faire preuve d’une intense concentration pour ne pas se laisser submerger par le flot d’émotions qui allait de paire avec les souvenirs qui envahissaient son esprit. Elle ne pouvait demeurer de marbre face à lui, autant jouer la carte de la jeune femme naïve et quelque peu mal assurée ; cela avait tendance à attirer la sympathie de son public. Et c’était bien cela qu’elle recherchait chez son interlocuteur, un peu de compassion pour qu’il gardât le plus longtemps possible l’envie de discuter avec elle.

Neil. Il s’appelait Neil, pas Heron. Voilà qui était encourageant et lui permettrait de dissocier les deux.
« Hypatia, » répondit-elle en accrochant ses yeux azur aux siens. « Enchantée de faire officiellement votre connaissance. » Elle hocha la tête d’un air entendu avant d’avaler une longue gorgée de son café. Elle se rendit vite compte qu’elle n’avait rien à lui dire. Elle ne pouvait amener sur le tapis l’histoire commune qu’elle partageait avec son enveloppe corporelle, encore moins les siècles d’existence qu’elle avait à son actif. Elle n’avait aucun point commun avec les mortels, elle était incapable d’entretenir une conversation avec l’un d’entre eux si ce dernier n’était pas une proie, un client, ou les deux. Elle jeta un coup d’œil circulaire dans la salle, s’attardant sur la table voisine où un trentenaire, vêtu d’un costume-cravate qui paraissait hors de prix, lisait tranquillement la rubrique Economie du journal. Elle aurait certainement trouvé davantage à dire à un tel individu. Elle reporta son attention sur Neil et lui sourit dès l’instant où elle capta son regard. Une pensée fugace assombrit son humeur lorsqu’elle se demanda s’il avait une compagne, si une femme partageait sa vie. Elle ne le connaissait ni d’Eve ni d’Adam mais cette simple idée la remplissait de jalousie. « Je ne viens pas souvent par ici, j’habite à plusieurs blocs et je fréquente un café plus proche de chez moi. » Faire la conversation semblait plus aisé qu’escompté, maintenant qu’elle était lancée. « J’ignore pourquoi je suis entrée aujourd’hui. C’est bizarre, non ? Vous allez me trouver bête de dire ça mais… » Elle continuait de le fixer, sans l’ombre d’une honte sur le visage. « Vous croyez au destin ? Au karma ? A cette puissance divine qui dicte nos pas et nous amène là où nous sommes supposés nous trouver ? » Elle n’y croyait pas, elle, bien sûr. Elle n’avait pas été amenée sur Terre pour papoter avec lui.

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MessageSujet: Re: You look at me it's like you hit me with lightning [R.]   Dim 23 Déc - 16:01

Comment aurait-il pu oublier cet incident comme elle venait de l’appeler ? Oh, bien sûr une personne normale aurait effacé cet événement insignifiant de sa mémoire en un claquement de doigts, mais pas lui. Il n’avait pas été en mesure de le faire et avait pensé à cette jeune femme durant quelques jours. Ce n’était pas simplement parce qu’il l’avait trouvé fort jolie – bien que ce serait mentir que de prétendre le contraire – mais c’était plutôt parce qu’il était en train de se demander s’il n’avait pas rêvé d’elle auparavant ou bien s’il ne s’agissait pas là d’une vision qu’il avait eu alors qu’il était bel et bien réveillé ce qui était fort probable puisqu’une telle chose était déjà arrivé auparavant. «Oh, ne vous en faites pas. Si ça peut vous rassurer, je pense être beaucoup plus bizarre que vous… » Oh oui, si compétition il devait y avoir alors aucun doute, il remporterait la partie et haut la main. Elle avait eu une mauvaise journée venait-elle de dire, il n’y avait rien d’étrange là-dedans mais pour Neil ce genre d’incident arrivait fréquemment, lorsqu’il faisait ses rêves, il voyait des choses, des personnes et des événements à venir pour ces gens qu’il ne connaissait absolument pas. Il se souvenait notamment de cette soirée où il avait croisé le regard d’une femme plus vieille que lui qui ne lui était pas inconnue, c’est en la détaillant qu’il réalisa qu’il avait rêvé d’elle quelques nuits auparavant. Il se souvient être resté planté là à l’observer. Elle était exactement comme dans son rêve, les mêmes vêtements et même son vernis à ongle écaillé – un détail qui avait, mine de rien, son importance – elle ne l’avait pas remarqué et pourtant Neil la regardait. Il se demandait si oui ou non il devait faire quelque chose car si son rêve était exact alors cette femme allait se faire agresser très bientôt et le pire étant qu’il savait très exactement où. La chose à faire aurait été d’aller la voir, de la prévenir de ne pas passer par le chemin qu’elle s’apprêtait à prendre et même si, oui, il passerait pour un dingue, il l’aurait quand même sauvé. Oui mais voilà, le jeune homme ne se voyait pas comme un héros et pour cette raison si stupide il ne l’avait pas arrêtée. Et il était resté planté là, dans la rue, à attendre et de longues minutes plus tard elle avait fait sa réapparition en hurlant à l’aide. Au moins elle semblait aller bien, mis à part le choc qu’elle venait sans doute de subir. Neil, lui, était partie après ça. Elle n’était pas morte c’était déjà ça.
«Et je suis plus que ravi d’être à votre table et en votre compagnie. » fit-il pour la rassurer. Elle ignorait à quel point il était vraiment ravi d’être ici, face à elle.

«Hypatia ? » lâcha-t-il, surpris. Il n’aurait jamais imaginé un tel prénom et il en fut presque déçu l’espace d’un instant. Puis il se mit à penser que peut être venait-elle de lui donner un prénom bidon. Peut être qu’elle le prenait pour un gros lourd et qu’elle ne souhaitait pas lui révéler son véritable nom. Il réalisa ensuite que son interrogation pouvait la vexer et c’est pour cette raison qu’il se rattrapa aussitôt. «Ce n’est pas un prénom commun, je ne l’ai jamais entendu auparavant mais c’est…Vraiment joli. » Et étrange pensa-t-il. Il répéta ce nom dans sa tête. Hypatia. Hypatia. Plus il y pensait et plus ce prénom commençait à être familier. Il ignorait pourquoi mais cela ne le laissait pas indifférent, quelque chose était lié à ce nom, nul doute qu’en rentrant il taperait Hypatia sur Google. Il était encore une fois perdu dans ses pensées, il ne remarqua pas tout de suite qu’un long silence s’installa entre eux. Il eu juste le temps de remarquer qu’elle semblait intéressée par l’homme à la table à côté. A son tour, il se mit à observer celui qu’il pouvait considérer comme un rival. D’accord il était peut être séduisant mais il n’avait rien de particulier. Pff pensa-t-il en reportant son attention sur son café. Puis juste à ce moment là, elle croisa à nouveau son regard et eu à nouveau cette sensation étrange de familiarité. Oui, il l’avait vue une fois mais pourquoi avait-il l’impression de la connaître plus que ça. Il l’écouta parler, et fit de son mieux pour se concentrer sur ce qu’elle était en train de dire. Elle n’habitait pas dans le coin, bon, il pouvait déjà oublier l’option du ‘je l’ai déjà croisée dans la rue’ puisque lui ne s’aventurait rarement plus loin que son quartier. Son appartement se trouvait non loin de son lieu de travail et les seules fois où il devait aller plus loin c’était pour aller rendre visite à ses parents. «Je crois qu’il y à certaines choses qui ne peuvent être expliquées » pensée spéciale pour ses visions, et pour Alys et sa capacité à lire dans les pensées. «Mais le destin… » Il ne savait pas quoi répondre à vrai dire. Il aurait été facile de jouer là-dessus pour essayer de la draguer. Lui dire que le destin l’avait sans doute amenée ici pour qu’ils se rencontrent. «Je ne sais pas, je n’y ai jamais pensé à vrai dire. » Et c’était vrai. Oh, comme il aurait souhaité avoir répondu quelque chose d’incroyablement intelligent qui l’aurait impressionnée. Nul doute que le type en costume à la table voisine aurait sans doute une réponse beaucoup plus intéressante que la sienne. «Mais vous croyez que le destin est inévitable, qu’on ne peut changer ce qui à été prévu pour vous ? » Il était tout à coup très sérieux, et pensif. L’idée que c’était peut être son destin d’empêcher ses visions de se produire le fit paniquer. Il ne voulait pas d’une telle vie. Puis il se mit à rire. «C’est un sujet bien sérieux pour une conversation autour d’un café. Mais je vous avais prévenue, je suis bizarre. Parfois. » Plutôt, tout le temps.

Neil désirait en savoir plus sur la jeune femme, il avait le temps d’un café pour en apprendre le plus possible. Il avait le sentiment que la possibilité de la revoir un jour se jouait maintenant et que le temps était limité alors il ne tenait pas à laisser un autre silence s’installer.
«Qu’est ce que vous faites dans la vie ? J’ignore pourquoi mais je vous imagine...Journaliste ? Ou peut être que vous écrivez des romans» fit-il avec une petite grimace. «Est-ce que je suis à côté de la plaque ? » Ce qui était probable.

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